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Lucas Déprez-Rose – 7 mars 2026 à 6h55
Lucas Déprez-Rose – 7 mars 2026 à 6h55


Face aux investissements records observés dans le domaine de l'intelligence artificielle, l'expert financier Lloyd Blankfein redoute une bulle spéculative et voit dans l'emballement actuel les prémices d'une crise comme celle des subprimes en 2008.
Face aux investissements records observés dans le domaine de l'intelligence artificielle, l'expert financier Lloyd Blankfein redoute une bulle spéculative et voit dans l'emballement actuel les prémices d'une crise comme celle des subprimes en 2008.

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L'IA en route vers un krach historique?

Un ex-patron de Goldman Sachs tire la sonnette d'alarme

Lucas Déprez-Rose – 7 mars 2026 à 6h55


Face aux investissements records observés dans le domaine de l'intelligence artificielle, l'expert financier Lloyd Blankfein redoute une bulle spéculative et voit dans l'emballement actuel les prémices d'une crise comme celle des subprimes en 2008.

Le silence est parfois plus parlant que le brouhaha des processeurs. Dans les bureaux de Wall Street, une petite musique commence à monter, très loin d'être apaisante. Alors que l'intelligence artificielle (IA) grignote de plus en plus d'aspects de nos vies, certains anciens de la finance ayant vécu de gros krachs récents commencent à regarder l'horizon avec inquiétude.

Lloyd Blankfein fait partie de ces anciens. L'homme qui a dirigé Goldman Sachs pendant la crise des subprimes de 2008 n'est pas du genre à paniquer pour rien. Pourtant, ses récents propos rapportés par le média Futurism font froid dans le dos. Pour lui, nous ne sommes pas simplement face à une innovation technologique, mais peut-être devant un gouffre financier que nous avons nous-mêmes creusé. «Je ne sens pas encore la tempête, mais les chevaux commencent à hennir dans l'enclos», prévient-il avec une poésie qui cache mal une mise en garde brutale.

Le chiffre a de quoi donner le tournis: 650 milliards de dollars. C'est la somme astronomique que les géants de la tech prévoient d'injecter dans l'intelligence artificielle en 2026. Des centres de données gigantesques sortent de terre comme des champignons, gourmands en énergie et en puces électroniques, ponctionnant les ressources de notre planète. Mais il y a un problème: pour l'instant, ces investissements massifs sont loin d'être rentables. On construit des autoroutes numériques incroyables, tout en cherchant encore qui sera capable de les payer sur le long terme.

Cette déconnexion entre les dépenses et les revenus réels rappelle furieusement la bulle internet des années 2000. À l'époque, il suffisait d'ajouter «.com» à son nom pour voir sa valeur s'envoler. Aujourd'hui, le suffixe «AI» produit le même effet magique. Mais comme le souligne l'article de Futurism, plus d'un tiers des gestionnaires de fonds pensent désormais que les entreprises surinvestissent dans des infrastructures physiques sans garantie de retour. Le risque? Que tout ne s'écroule d'un coup.

L'heure de vérité approche pour la bulle du siècle

Lloyd Blankfein pointe du doigt un danger encore plus vicieux, le «levier caché». C'est ce mécanisme invisible qui a transformé une crise immobilière locale en effondrement mondial en 2008. «Tout le monde disait que le monde n'était pas endetté, jusqu'à ce que vous découvriez soudainement qu'il y avait énormément de risques liés aux hypothèques en Islande», rappelle-t-il. En clair, nous ne savons pas encore où se nichent les dettes toxiques liées à l'IA, mais elles sont là, tapies dans l'ombre des bilans comptables des grandes entreprises et des startups surévaluées.

Où l'intelligence artificielle mène-t-elle le monde? C'est la grande inconnue

Si la bulle éclate, ce ne sont pas seulement les milliardaires de la Silicon Valley qui trinqueront. Lloyd Blankfein s'inquiète de voir des entreprises d'IA s'ouvrir aux investissements publics au moment le plus précaire. «Quand vous faites perdre de l'argent aux consommateurs individuels, c'est-à-dire aux contribuables et aux citoyens, les gens au gouvernement deviennent très, très en colère», explique-t-il. Le risque social est immense si l'épargne populaire est engloutie dans ce pari technologique.

Certains experts comparent déjà l'économie américaine actuelle à un seul et unique grand pari sur l'intelligence artificielle. Si cette technologie ne parvient pas à transformer la productivité aussi vite que prévu, les actifs aujourd'hui valorisés à des prix fous ne trouveront tout simplement plus d'acheteurs sur le marché. Au final, l'IA restera sans doute une technologie majeure, tout comme internet l'est resté après l'an 2000. Mais le chemin pour y parvenir risque d'être jonché de hauts et de bas financiers. Lloyd Blankfein estime que nous arrivons à la fin d'un cycle: la technologie est peut-être artificielle, mais la douleur d'un krach, elle, sera bien réelle pour des millions de gens.